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La tension ne tend pas...

Namaste,

Ce titre d’article peut être interpellant, n’est-ce pas ?!

Cette phrase n’est pas de moi. Je l’ai souvent entendue de l’un de mes enseignants les plus respectés en yoga : Éric Baret.

Éric est un français issu de la tradition non-dualiste du Cachemire. Il a suivi l’enseignement de Jean Klein, un yoga dit tantrique. Si vous êtes intéressé par le personnage et ses livres que je recommande vivement, son site est le suivant : https://www.bhairava.ws/

La tradition tantrique du yoga nous dit que la tension ne tend pas. Mais, que cela peut-il bien vouloir dire ?

Je vais tenter, dans cet article d’y répondre de manière systématique.

Le yoga, une pratique de la détente.

Tout d’abord, prenons un peu de perspective et remettons les pendules à l’heure.

Le Yoga, chez nous et ailleurs, est souvent assimilé à une pratique de bien-être, de détente, de gestion du stress. Je me dois de recadrer cette perspective. Oui, le yoga nous apporte partie ces bienfaits, mais le bien-être et la détente sont tellement réducteur de ce qu’est le yoga que je ne peux accepter cette tendance à assimiler cette pratique millénaire à un bien de consommation très récemment ultra plébiscité.

La détente n’est pas ce qui est recherché en yoga. Ça pourrait même être l’inverse!

Toute personne qui a déjà un tant soit peu pratiqué les âsânas (les postures de yoga) a pu constater à quel point la tension est présente dans la pratique.

Le yoga, c’est la tension.

Ne chercher que la détente – objectif tout à fait louable pour nous tous qui sommes souvent trop stressés et tendus – ne peut nous permettre de la trouver. C’est le paradoxe de la vie. Si l’on veut quelque chose, c’est souvent dans son contraire qu’on la trouvera. Ainsi, pour trouver la détente, il faut tendre.

Pour me permettre de me faire comprendre, permettez-moi d’être plus pragmatique et de présenter 2 situations assez conventionnelles :

1ère situation :

« Mon corps est tendus, je suis rigide. J’ai mal partout. J’ai besoin de me détendre »

Ceci vous parle, je suppose.

La pratique posturale m’invite, non pas à me détendre – ce qui pourrait marcher et qui est proposé par des pratiques autres que le yoga, je pense – mais à me tendre, à créer la tension. Volontairement et de manière mesurée. Et je vais jouer au yoyo dans les postures pour venir solliciter la tension dans différentes parties du corps. Le yoga va m’ inviter à créer dans différents endroits stratégiques des tensions: les épaules, le bassin, le dos, l’abdomen, le visage… même et surtout dans des parties du corps avec lesquelles je ne suis au premier abord pas familier. Quand la tension est là (je l’ai  créée), je vais demeurer dans la tension. C’est pourquoi toutes les écoles traditionnelles de yoga prônent le maintien de la posture, plutôt qu’un enchainement dynamique de mouvements. Non, ce n’est pas le mouvement qui libère la tension – pour peu que ceci soit notre objectif- mais c’est le fait de

LAISSER VIVRE la tension,

SE FAMILIARISER avec la tension,

ENTRER EN RESONANCE avec la tension,

AIMER LA TENSION

Dans le yoga, la tension n’est pas vu comme quelque chose dont il faut se séparer. A vrai dire, tout est bienvenu dans le yoga, la détente comme la tension.

Vous comprenez maintenant pourquoi cette phrase « la tension ne tend pas ». Car derrière cette dernière, il y a en filigrane cette intention de détendre, cette aversion de la tension. Or en yoga, la tension ne tend pas. Elle ne crée pas d’aversion, elle n’est pas liée à une attitude mentale. Elle est PHYSIOLOGIQUE.

Deuxième situation:

« Je suis stressé, je suis tendu, je me prend la tête ».

Dans ce cas également, la consigne du yoga est de ne pas chercher à détendre. Je dois ne pas vouloir me détendre ou chasser ce stress. Au contraire, je dois me donner à la situation. Mais attention, non pas en jouant le jeu du mental et des pensées – quoi que, cela puisse également marcher – mais davantage en vivant la situation dans mon corps et de manière PHYSIQUE.

« Quand je suis stressé, qu’est-ce qui se passe dans mon corps? Où est-ce que cela se passe ? Comment est ma respiration? Que se passe-t-il dans la région abdominale, dans la poitrine ? Quel est le ressenti dans la bouche? »… etc.

Attention, il n’y a pas d’intention de ne pas penser, ici. On ne contraint pas le mental. Plus pragmatiquement, on se laisse aller au ressenti. Et on se familiarise avec la tension de manière physique.

Le yoga, la pratique de l’équanimité.

Ces deux situations nous invitent à écouter.

Car derrière la tension se trouve généralement un message.

Dès lors, par le yoga, nous sommes amenés à accepter les tensions comme quelque chose de l’ordre de la fonctionnalité. Comme une alarme qui nous avertit d’un danger. Cette écoute nous ramène à notre fonctionnalité pure. Elle recentre notre Être au sein d’une dynamique plus globale et moins centrée sur le ‘moi, je’.

Accepter la tension, c’est entendre l’être humain comme un élément d’un Tout, en interaction avec son environnement. L’Homme, le sadhaka (le pratiquant sincère du yoga) est celui qui se met à l’écoute des signes de la Nature, qui se donne aux modulations de l’Etre sans chercher de manière égoïste son bien-être personnel ou la libération de ses tensions profondes. Il entre en résonance avec la Réalité qui nous transcende tous. Pour lui, la tension a la même saveur que la détente. Il est le roi de l’équanimité.

Que donc en retenir?

Que la tension ne tend pas.

Que souvent, nous surimposons une réalité mentale – un mot, une idée – sur un phénomène purement physique.

Que la solution de nos problèmes ne se trouve généralement pas dans ce que nous cherchons, mais dans le mal en lui-même. En thérapie brève, on dit d’ailleurs « La solution, c’est le problème ». C’est tellement vrai. Dès lors, que celui qui cherche la détente, se familiarise avec la tension. Non pas mentalement, mais organiquement.

Om, Shanti,

Yannick

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