Mois : juin 2020

  • Eté, vacances… : Comment pratiquer seul à la maison?

    Instaurer sa pratique personnelle

    Dans cet article, je discute avec vous d’une question qui nous concerne tous : « comment pratiquer le yoga, au-delà du cours hebdomadaire? »

    Naturellement, d’autres questions s’y adossent : « Comment être maître de sa pratique? », « comment trouver la motivation de pratiquer à la maison, dans notre vrai quotidien? », …

    En effet, nous sommes nombreux à suivre un cours donné par un enseignant qui nous guide, nous accompagne, et nous corrige parfois. Mais, avec l’arrivée des vacances, il va probablement falloir, pour certains d’entre nous en tout cas, ‘tirer son plan’ pour raison de professeur en vacance ou simplement parce qu’on est soi-même en vacance.

    D’où la question:

    Comment faire du yoga seul à la maison?

    Alors, il existe bien les vidéos sur YouTube, c’est sûr.

    Oui, c’est bien, mais le fait de regarder la vidéo ne vous permettra probablement pas d’être aussi dévoué et présent dans votre séance, et vous n’en ressortirez donc pas autant de bénéfices que si vous pouviez vous libérer de l’écran qui vous donne ses instructions. Aussi, il vous faudra probablement un petit temps de ‘shopping’ afin de sélectionner le type de yoga qui vous convient et de vous sentir à l’aise avec la personne qui le présente.

    Bref, les vidéos sur YouTube, c’est bien, mais ce n’est pas le plus efficace (si je peux utiliser ce terme en parlant de yoga…)

    Solution: 

    Instaurer ou créer sa propre pratique.

    Et, c’est ce que je recommande à toutes et tous, peu importe le niveau.

    Rappelons par ailleurs qu’initialement, avant que le yoga ne se trouve plébiscité et pratiqué en groupe dans les salles et les studios de yoga, le yoga est avant tout une pratique individuelle. Une pratique à la maison, en quelque sorte.

    Pour être concret, je vous propose de lister quelques ingrédients indispensables d’une bonne pratique de Yoga seul à la maison :

    1. Le lieu : C’est l’un des points fondamentaux. Il faut un lieu pour lequel vous avez le feeling. Vous devez sentir ce lieu, ou l’énergie qui s’en dégage. Il doit être un endroit qui vous apaise, qui vous permette de vous retrouver seul, avec vous-même, un lieu de silence de préférence.
    2. Le moment: Il importe de pratiquer à un moment qui vous convient, peu importe quand dans la journée. Au final, en lien avec ce moment, et plus important que celui-ci, est l’attitude que vous adopté à ce moment. Notre réceptivité et notre disponibilité ne sont pas les mêmes pour tous en fonction des moments de la journée. Certains préféreront pratiquer le matin. D’autres, le soir. A noter que de manière générale, certains moments sont plus propices que d’autres. Il s’agit en effet du matin quand vous vous levez, avant le petit-déjeuner, et la fin de journée, soit avant le repas du soir ou éventuellement avant d’aller se coucher. 
    3. La durée : Je recommande personnellement de préférer faire une pratique courte, mais dans laquelle chaque minute est disponibilité et ressenti, plutôt que de vouloir absolument faire une séance d’1h en étant sans cesse dispersé. Comme dans tout, c’est la qualité (du moment) plutôt que la quantité qui prime.
    4. L’attitude : Comme précédemment énoncé, il faut idéalement être disponible mentalement (et physiquement aussi) pour pratiquer. Si non, on n’y sera pas vraiment. Il faut le vouloir. Faire sa séance par habitude, se forcer parce que c’est l’heure, ne mènera à rien.
    5. L’absence de volonté : Enfin, et en apparente contradiction avec le point précédent, il faut ne rien vouloir. On ne fait pas du yoga en en attendant quelque chose. C’est la meilleure manière d’en être déçu. Quand on pratique le yoga – les postures typiquement – on doit ne rien en attendre. Il faut voir cela comme un moment de célébration où l’on se donner – pour 15′ ou 1 heure – à soi. Un moment de liberté, sans attentes.

    Ensuite, une fois que les conditions préalables sont plus ou moins satisfaites, il convient de démarrer ce moment de yoga.

    Je vais vous étonner mais selon moi, une séance peut – et devrait – être spontanée, comme une exploration.

    Quand on explore, on ne connaît pas, on essaye, on cherche. Le yoga est exploration, dans l’instant et en fonction de son état du moment.

    Une séance pré-construite vous conviendra peut-être à un moment et pas à un autre. D’où l’importance d’inclure sa pratique dans l’instant présent.

    C’est ce moment – le maintenant – qui va nous proposer les mouvements à faire…

    Peut-être n’y aura-t-il pas de mouvement et la séance sera méditation, simplement. Et c’est très bien aussi.

    Notre séance, seul à la maison, doit se fondre dans cette logique.

    Ainsi, si je dois donner des balises pour cette pratique, voici celles que je proposerais :

    1. On s’assied et on tourne son attention vers l’intérieur. Se donner à l’instant, à la sensibilité du corps. Ne plus rien faire.
    2. Ensuite, laisser le mouvements spontanés se faire. Un bras va se lever, une jambe se fléchir… Le corps va se lever, se coucher sur le dos, sur le ventre. Et l’on se donner à ce qui se passe à travers le corps dans l’instant. On ressent ce qui se passe. On observe les réactions dans le corps. Dans la respiration mais également dans le mental. Ça, c’est un réel moment de yoga, d’union avec soi-même. 
    3. Ce moment peut se clôturer par une relaxation en Shavasana et un moment de recueillement en position assise avant de reprendre le flux de la vie quotidienne.

    Voilà,

    Plus généralement, quand on doit pratiquer à la maison seul, il est indéniable que l’on soit davantage confronté au flux mental qui s’empare de nous. La guidance du professeur de yoga qui nous manque est là pour cadenasser le mentale. Donc en effet, cette pratique est plus « dure », mais elle est plus « réelle », plus « transformatrice ».

    Des tas de pensées vont surgir dans le mental…Il est en effet tellement facile de se convaincre que l’on a des tas d’autres choses plus importantes a faire que le yoga.

    Face à ces pensées, les accueillir telles qu’elles sont. Des pensées qui vont et qui viennent. Ne pas chercher à lutter. Le mental n’est notre ennemi que si nous le percevons comme tel. Si non, il est tel un autre être qui fait son chemin a côté de nous, dans son agitation et sa frénésie habituelle mais sans que nous en soyons (trop) impacté.

    Dès lors, soyez doux avec vous-même.

    Parfois, une séance de yoga peut être de simplement s’asseoir et observer le mental, ou la respiration pendant 5 ou 10 minutes.

    Le yoga, la pratique personnelle de yoga n’est pas tant dans ce qui est fait (les postures, les mouvements,…) mais davantage dans l’attitude dans laquelle on se positionne quand on dépose le corps sur le tapis et qu’on observe ce qui se passe…

    Tel est le yoga traditionnel. Et le Yoga qui répondra à vos attentes les plus exigeantes. ou qui les diluera dans l’absence d’attentes.

    Ce que l’on appelle la Présence.

    Namaste

  • Yoga & détente : « La tension ne tend pas ».

    La tension ne tend pas…
    Quelqu'un de tendu ?

    Namaste,

    Ce titre d’article peut être interpellant, n’est-ce pas ?!

    Cette phrase n’est pas de moi. Je l’ai souvent entendue de l’un de mes enseignants les plus respectés en yoga : Éric Baret.

    Éric est un français issu de la tradition non-dualiste du Cachemire. Il a suivi l’enseignement de Jean Klein, un yoga dit tantrique. Si vous êtes intéressé par le personnage et ses livres que je recommande vivement, son site est le suivant : https://www.bhairava.info

    La tradition tantrique du yoga nous dit que la tension ne tend pas. Mais, que cela peut-il bien vouloir dire ?

    Je vais tenter, dans cet article d’y répondre de manière systématique.

    Le yoga, une pratique de la détente.

    Tout d’abord, prenons un peu de perspective et remettons les pendules à l’heure.

    Le Yoga, chez nous et ailleurs, est souvent assimilé à une pratique de bien-être, de détente, de gestion du stress. Je me dois de recadrer cette perspective. Oui, le yoga nous apporte partie ces bienfaits, mais le bien-être et la détente sont tellement réducteur de ce qu’est le yoga que je ne peux accepter cette tendance à assimiler cette pratique millénaire à un bien de consommation très récemment ultra plébiscité.

    La détente n’est pas ce qui est recherché en yoga. Ça pourrait même être l’inverse!

    Toute personne qui a déjà un tant soit peu pratiqué les âsânas (les postures de yoga) a pu constater à quel point la tension est présente dans la pratique.

    Le yoga, c’est la tension.

    Ne chercher que la détente – objectif tout à fait louable pour nous tous qui sommes souvent trop stressés et tendus – ne peut nous permettre de la trouver. C’est le paradoxe de la vie. Si l’on veut quelque chose, c’est souvent dans son contraire qu’on la trouvera. Ainsi, pour trouver la détente, il faut tendre.

    Pour me permettre de me faire comprendre, permettez-moi d’être plus pragmatique et de présenter 2 situations assez conventionnelles :

    1ère situation :

    « Mon corps est tendus, je suis rigide. J’ai mal partout. J’ai besoin de me détendre »

    Ceci vous parle, je suppose.

    La pratique posturale m’invite, non pas à me détendre – ce qui pourrait marcher et qui est proposé par des pratiques autres que le yoga, je pense – mais à me tendre, à créer la tension. Volontairement et de manière mesurée. Et je vais jouer au yoyo dans les postures pour venir solliciter la tension dans différentes parties du corps. Le yoga va m’ inviter à créer dans différents endroits stratégiques des tensions: les épaules, le bassin, le dos, l’abdomen, le visage… même et surtout dans des parties du corps avec lesquelles je ne suis au premier abord pas familier. Quand la tension est là (je l’ai  créée), je vais demeurer dans la tension. C’est pourquoi toutes les écoles traditionnelles de yoga prônent le maintien de la posture, plutôt qu’un enchainement dynamique de mouvements. Non, ce n’est pas le mouvement qui libère la tension – pour peu que ceci soit notre objectif- mais c’est le fait de

    LAISSER VIVRE la tension,

    SE FAMILIARISER avec la tension,

    ENTRER EN RESONANCE avec la tension,

    AIMER LA TENSION

    Dans le yoga, la tension n’est pas vu comme quelque chose dont il faut se séparer. A vrai dire, tout est bienvenu dans le yoga, la détente comme la tension.

    Vous comprenez maintenant pourquoi cette phrase « la tension ne tend pas ». Car derrière cette dernière, il y a en filigrane cette intention de détendre, cette aversion de la tension. Or en yoga, la tension ne tend pas. Elle ne crée pas d’aversion, elle n’est pas liée à une attitude mentale. Elle est PHYSIOLOGIQUE.

    Deuxième situation:

    « Je suis stressé, je suis tendu, je me prend la tête ».

    Dans ce cas également, la consigne du yoga est de ne pas chercher à détendre. Je dois ne pas vouloir me détendre ou chasser ce stress. Au contraire, je dois me donner à la situation. Mais attention, non pas en jouant le jeu du mental et des pensées – quoi que, cela puisse également marcher – mais davantage en vivant la situation dans mon corps et de manière PHYSIQUE.

    « Quand je suis stressé, qu’est-ce qui se passe dans mon corps? Où est-ce que cela se passe ? Comment est ma respiration? Que se passe-t-il dans la région abdominale, dans la poitrine ? Quel est le ressenti dans la bouche? »… etc.

    Attention, il n’y a pas d’intention de ne pas penser, ici. On ne contraint pas le mental. Plus pragmatiquement, on se laisse aller au ressenti. Et on se familiarise avec la tension de manière physique.

    Le yoga, la pratique de l’équanimité.

    Ces deux situations nous invitent à écouter.

    Car derrière la tension se trouve généralement un message.

    Dès lors, par le yoga, nous sommes amenés à accepter les tensions comme quelque chose de l’ordre de la fonctionnalité. Comme une alarme qui nous avertit d’un danger. Cette écoute nous ramène à notre fonctionnalité pure. Elle recentre notre Être au sein d’une dynamique plus globale et moins centrée sur le ‘moi, je’.

    Accepter la tension, c’est entendre l’être humain comme un élément d’un Tout, en interaction avec son environnement. L’Homme, le sadhaka (le pratiquant sincère du yoga) est celui qui se met à l’écoute des signes de la Nature, qui se donne aux modulations de l’Etre sans chercher de manière égoïste son bien-être personnel ou la libération de ses tensions profondes. Il entre en résonance avec la Réalité qui nous transcende tous. Pour lui, la tension a la même saveur que la détente. Il est le roi de l’équanimité.

    Que donc en retenir?

    Que la tension ne tend pas.

    Que souvent, nous surimposons une réalité mentale – un mot, une idée – sur un phénomène purement physique.

    Que la solution de nos problèmes ne se trouve généralement pas dans ce que nous cherchons, mais dans le mal en lui-même. En thérapie brève, on dit d’ailleurs « La solution, c’est le problème ». C’est tellement vrai. Dès lors, que celui qui cherche la détente, se familiarise avec la tension. Non pas mentalement, mais organiquement.

    Om, Shanti,

    Yannick

  • Explore this « I want » and « I desire »

    Explore this « I want, I desire…’

    Bonjour,

    Dans l’article de cette semaine, je voudrais partager avec vous une anecdote révélatrice de la philosophie du yoga.

    Il s’agit d’un passage de ma vie qui m’a réellement marqué et a profondément inspiré la personne que je suis aujourd’hui.

    Ceci se passe en 2007. J’étais à l’époque en Inde, dans un ashram non loin de Mumbay avec la ferme intention d’y apprendre tout ce que je pouvais sur le yoga. Je m’étais pour cela donné 1 an. Pas (encore) de famille, pas de réels engagements, j’avais quitté mon emploi actuel pour me donner « une année pour moi ».

    La vie m’avait amené dans cet institut de renommée mondiale, le Kaivalyadhama Yoga Institute, fondé par Swami Kuvalyananda dans la première moitié du 20e siècle. J’y restais durant 1 année entière afin d’y suivre le cours appelé DYEd, pour Diploma in Yoga Education.

    Entouré d’indiens, j’étais le seul occidental parmi environ 70 étudiants. Le cursus était vraiment extraordinaire : académique avec une influence des méthodes d’enseignements occidentales, et traditionnel car centré sur l’enseignement de l’art du yoga tel qu’enseigné en Inde depuis plusieurs milliers d’années.

    Je suis encore maintenant extrêmement redevable de ce que j’ai appris durant cette année d’immersion dans l’Inde traditionnelle…

    Il y avait dans cet institut – comme dans tout ashram qui se respecte – un Swami (le Swami est l’autorité spirituelle de l’ashram). Celui-ci était logé dans une partie isolée et très calme du campus, dans une espèce de maison ressemblant vraiment à une hutte… Plusieurs fois déjà, j’avais eu cette intention d’aller le voir mais j’étais probablement intimidé par ce « sage »… Il faut dire qu’il règne souvent autour de ces hommes peu communs comme un parfum de révérence  (ceux-ci s’en passeraient très probablement…) assez déstabilisante.

    Un soir, j’y vint. Je fus accueilli par un « je me demandais quand tu viendrais… ». Quel accueil déroutant ! Cet homme,- dont je peinerais à donner son âge (beaucoup de yogi paraissent souvent beaucoup plus jeunes qu’ils ne le sont…) – m’attendais.

    Venant naturellement avec des questions sur le yoga et ma sadhana (pratique spirituelle), nous entamâmes le sujet. Parler avec un personnage de cette sorte est souvent comme parler à Jésus… Non, sans rire, les yogi parlent souvent par allégories, ce qui rend les discussions déroutantes, parfois difficile à comprendre sur l’instant. Mais la rencontre est souvent marquante. Ce fut mon cas. Après ce jour, je vins d’ailleurs à la puja (rituel du feu avec récitation de mantra ayant lieu au moment du lever et coucher de soleil) quotidiennement.

    Il est une assertion de ce swami dont je me souviens encore maintenant :  « Now, you have to explore this I want, I desire  » (maintenant tu dois explorer ce je veux , je désire).

    Cette invitation – qui est un devoir de chaque instant pour tout personne engagée sur la quête de soi – résonne encore en moi régulièrement. C’est que Swamiji avait vu juste en moi.

    Le travail sur le désir, sur la volonté reste l’un des chemins d’exploration de l’être les plus ardus qui soit, mais également l’un des plus féconds. Le yoga, c’est cela aussi. Prendre le temps d’observer nos désirs, nos intentions, dévoiler ce qui se cache derrière ces jeux de mots, source de nombreux maux… Et progressivement se familiariser avec l’idée qu’ultimement, il n’y a personne qui veut et personne qui désire… Tout un programme en soi!

    Mon intention dans cet article n’étant pas d’entrer dans un débat sur ce thème très vaste, j’en resterai là. Néanmoins, je souhaiterais clore le sujet de ce jour avec quelques suggestions pratiques concernant ce travail sur nos désirs et intentions. Voici quelques recommandations issues de la tradition du Yoga.

    Face à l’agilité parfois déroutante de notre mental, face à la versatilité souvent usante de nos pensées, le yogi peut adopter 3 attitudes complémentaires :

    • L’observation : apprendre à voir nos désirs, nos impulsions, nos furies également telles qu’elles sont. L’exercice de la méditation y aide grandement. Etant assis tranquillement à ne rien faire, l’esprit s’apaise progressivement et se familiarise avec lui-même jusqu’à progressivement perdre de sa propre substance. L’exercice du ressenti (physique dans un premier temps via les postures) peut être une étape préliminaire aux techniques de méditation, bien que les deux puissent se pratiquer communément.
    • L’acceptation : Face au flux incessant de notre activité mentale, après l’observation et conjointement à elle, est l’attitude d’acceptation. Il convient de ne pas vouloir chasser ces désirs, ces pensées. La méditation n’est pas ne pas penser. C’est davantage accepter et comprendre le fonctionnement de l’esprit humain. Ces pensées, ces désirs  ne sont au final pas les nôtres, nous dit la tradition indienne.
    • L’élargissement mental : Enfin, face à une pensée, un désir, il convient également de produire la pensée inverse, ou un désir complémentaire qui permettra d’élargir le scope mentale et de réduire le ressenti d’oppression : Ouvrir le champs des possible, se donner à la diversité

    Ces trois attitudes sont celles du yogi dans son quotidien autant que sur son tapis. Je vous souhaite de pouvoir vous imprégner de cette sagesse éternelle autant sur votre tapis que dans votre quotidien !

    Namaste, 

    Yannick

    Exercice : Où suis-je ? 😉
  • Les flexions en yogâsana : Pourquoi et comment ?

    Energie & (re-)centrage : Les flexions en Yogâsana.

    Bonjour,

    Sujet fondamental dans la pratique du yoga: l’énergie et le (re-)centrage sur soi.

    A y regarder de plus près, ces 2 mots pourraient à eux seuls proposer une définition du yoga : « Le yoga est un travail sur les énergies du corps visant à permettre à l’adepte de se recentrer sur soi ».

    Du coup, l’énergie et la question du recentrage, en plus d’être des sujets fondamentaux en yoga sont également très vastes et peuvent nous emmener dans de multiples directions. Du coup, je vous propose de l’aborder de manière pragmatique, via les mouvements de flexions, lesquels font partie intégrante de la pratique posturale.

    Tout d’abord, reconnaissons que les flexions en yoga sont presque un symbole de cet art tellement on les voit partout… Elles sont en effet monnaie courante dans la pratique des postures: Debout, assis, couché sur le dos, à genoux… on les pratique dans tous les sens.

    Mais pourquoi ?

    A des fins de simplifications et pour me permettre de vous emmener là où je le veux, disons que les flexions ont pour vocation de centraliser les énergies du corps en un endroit bien particulier : la région du bassin.

    Et quand on parle énergie dans le yoga, on parle nécessairement Prâna et Chakra.

    Qu’est-ce que le Prâna ?

    Le Prâna est l’énergie vitale, celle qui est présente dans les moindres recoins de notre corps, mais qui est également présente partout. Les indiens disent que l’univers est Prâna, que la réalité ultime, Brahman, est Prâna. Tout ce que nous percevons, voyons, touchons, sentons,…etc est Prâna, l’énergie vitale.

    Que sont les chakras ?

    Alors, je ne vais pas rentrer dans tous les détails des chakras dans cet article. Disons, pour faire simple, que ce sont des endroits stratégiques dans laquelle l’énergie est mobilisée de manière particulière. Au nombre de 7, ils sont des lieux d’exploration et de mobilisation du Prâna au sein du corps humain. Ils sont situés dans l’axe vertical qui se dessine depuis la base de la colonne vertébrale, le sacrum, jusqu’au sommet de la tête.

    La pratique posturale, le Prâna et les chakras

    Les âsanas – ce n’est pas une révélation pour toute personne qui pratique le yogâsana – travaillent notamment au niveau énergétique. Dans la posture – l’âsana, l’énergie vitale (le prâna) est ressenti, sensation, éveil de la sensibilité et de la conscience. Le yoga, fondamentalement, est sensibilité et conscience, au-delà des mots et du mental.

    Le travail postural est donc envisagé comme un moyen, un outil pour le développement de la conscience et du ressenti. La posture, à son niveau, ouvre au « recentrage » du pratiquant sur des perceptions plus subtiles que celles qui sont les sienne dans son quotidien. Le mouvement, les positions du corps physique, et surtout l’attitude adoptée durant la pratique  – que j’appelle généralement la disponibilité – y concourent.

    Et ce travail postural vise notamment à ressentir, stimuler et finalement éveiller les 7 centres énergétiques que sont les chakras.

    Les flexions dans les Âsanas :

    La flexion est l’un des mouvements qui vise à ce développement sensoriel et perceptif. Plus particulièrement, il vise à travailler sur les 3 premiers chakras situé dans la région du bassin et du bas ventre.

    En ce sens, les flexions font parties des premiers mouvements d’éveil des énergies latentes dans le corps humain.

    Via des positions particulières du corps physique, l’énergie (le Prâna) est stimulé.

    Dans la flexions tout comme dans toutes les postures, le maintien de la posture est fondamental. Une fois le mouvement de flexion effectué, il importe d’immobiliser le corps afin de permettre au Prâna de devenir, aux yeux du pratiquant, ressenti et conscience. C’est dès lors dans une attitude de don de soi – « on arrête d’essayer d’aller plus loin »; « on se donne à l’instant »; « on accueille ce qui est » – qui s’installe dans le maintien de la posture que l’âsana devient éveil énergétique et recentrage. C’est à ce moment-là que l’âsana devient yoga (union).

    Vidéo de présentation de la technique

    Dans cette vidéo, je propose une démarche progressive et qui invite à tenir compte de la ‘fonctionnalité’ du corps de chacun ainsi que de ses limites.

    Des exercices sur les flexions sont proposés en position debout, assise et couché sur le dos.